IMPACT POTENTIEL DE LA MALADIE DE CREUTZFELDT-JAKOB SUR LA PRATIQUE DE LA TRANSFUSION
TH. SCHNEIDER
Etablissement Français du Sang Lorraine Champagne
Avenue de Bourgogne
54511 Vandoeuvre lès Nancy
Les agents transmissibles non conventionnels (ATNC) ou prions constituent de par leur propriété physiochimiques et biologiques une atypie dans le règne des agents transmissibles. Ils sont à l'origine des encéphalopathies subaiguës spongiformes transmissibles. L'hypothèse de leur nature qui prévaut en 2005 postule qu'ils sont constitués d'une protéine de l'hôte, la Pr P, sous une forme pathologique résistante partiellement aux protéases, la Pr Pres.
Si les risques de transmission de la maladie dite de la "Vache folle" à l'homme sont aujourd'hui maîtrisés, les incertitudes persistent quant aux possibilités de transmission secondaire, notamment par transfusion sanguine. Le problème posé est difficile à appréhender dès lors que la nature des ATNC n'est pas connue avec précision et qu'il n'existe aucun test de dépistage des individus infectés, en phase clinique ou au stade asymptomatique de leur infection.
La survenue au Royaume-Uni en décembre 2003 et en juillet 2004 de deux cas de transmission transfusionnelle par deux donneurs à deux receveurs, la notification des huitième et neuvième cas français de variant de la maladie de Creutzfeldt-Jakob (vMCJ), tous deux donneurs de sang, ont modifié la perception du risque. L'état actuel des connaissances scientifiques n'apporte pas de preuve objective de l'existence effective de ce danger. Toutefois ce risque ne peut pas être exclu et dans une approche conservatoire, il doit être considéré comme un risque non plus théorique, mais possible.
En corollaire à ce risque, les autorités de tutelle ont décidé d'informer les receveurs de produits sanguins labiles issus de donneurs contaminé par le vMCJ conformément aux dispositions de l'article L1111-2 du code de la santé publique.