Mesures de prévention des AES

D.ABITEBOUL
Service de santé au travail – Bichat-Claude Bernard; GERES - PARIS

Dès la publication des premiers cas de contamination professionnelle par le VIH, les recommandations visant à prévenir les Accidents Exposant au Sang (AES) ont mis l'accent sur la nécessité d'appliquer des mesures de prévention sans préjuger du statut sérologique du malade. Ce furent les « précautions universelles » qui firent l’objet dès 1989 d’une circulaire. Ces recommandations ont été récemment actualisées et intégrées parmi les précautions dites "standard" (PS), mesures générales d'hygiène à appliquer systématiquement pour tout malade dans une optique de prévention mutuelle de la transmission des infections entre les soignants et les patients.

La circulaire DGS/DH du 20 avril 1998 les rappelle et les intègre dans un programme plus large de prévention que doivent mettre en place les employeurs en liaison avec le médecin du travail, le CLIN et le CHSCT (cf. encadré ci-dessous). Plusieurs publications montrent que ces mesures sont efficaces. La dernière enquête du GERES menée en 2000 auprès de 1506 infirmières de services de médecine et de réanimation montre que, depuis une première enquête en 1990 l’incidence des AES a été divisée par 4. Une part de cette décroissance est probablement due à une meilleure application des PS, un gain supplémentaire étant obtenu dans les services bien dotés en matériels de sécurité. Si ces matériels sont un plus pour la sécurité, ils ne sauraient suffire et les efforts doivent se poursuivre : les accidents évitables par l’application des précautions standard représentent encore plus du tiers des AES déclarés dans la plupart des surveillances en France (GERES 2000 : 39% des piqûres ; AP-HP 2000 : 32% des APC ; RAISIN 2002 : 43% des AES).

La prévention des risques d'accident exposant au sang (d’après la circulaire DGS/DH n°98/249 du 20 avril 1998)
Des mesures de base doivent être prises pour tous les patients, dans tous les services :

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