Les accidents d'exposition au sang en France
B.BRANGER
C CLIN OUEST - RENNES
Les AES sont répertoriés en France depuis de nombreuses années, en particulier sous l’égide du GERES. C’est depuis 2001 que s’est mis en place un réseau de surveillance standardisé avec la mise en place d’une grille de recueil national avec le Réseau d’Alerte, d’Investigation et de surveillance des infections nosocomiales (RAISIN) constitué des 5 C.CLIN, de l’Institut de Veille Sanitaire et du Ministère de la Santé. Les résultats nationaux présentés sont ceux de 2002. Le rapport complet sera disponible sur Internet (site du RAISIN à venir) en septembre 2004. Il s’agit de résultats sur les établissements de santé volontaires (ETS) avec des déclarations d’AES basés aussi sur le volontariat. Il y a eu 228 ETS participant sur les *** ETS en France avec 6 316 AES répertoriés. Les points forts de l’étude sont les suivants :
72 % des AES sont observés chez des infirmiers (ères) et 11 % chez des médecins. Les élèves et éudiants représentent 11 % pour les élèves infirmiers et 2 % pour les externes. Parmi l’ensemble des personnels, 0.4 % n’étaient pas vaccinés contre le virus de l’hépatite B (1.5 % pour les médecins et 3.1 % pour les chirurgiens).
40 % des AES surviennent au lit du patient, et 13 % en salle d’opération. Les autres AES surviennent en poste de soins, couloirs, dans les laboratoires…
74 % sont des piqûres et parmi elles 21 % sont profondes. 10 % sont des coupures et 13 % des projections.
Les tâches effectuées lors des AES est notée sur la figure 1.

80 % des AES à la suite d’injections surviennent à l’occasion d’injections sous-cutanées, essentiellement les S-C, les stylos à insuline et les héparines. Parmi les tâches sans contact avec le patient, ce sont les manipulation de déchets et le rangement après un soin qui sont le plus représentées.
Le recapuchonnage des aiguilles est encore l’occasion de d’AES (290 soit environ 4 % des AES) de même que la manipulation d’aiguilles en «sous-traitance» (près de 10 % des AES).
43 % des AES auraient pu être évités par la seule observance des précautions standard.
Parmi les mesures de prévention non-utilisées, 42 % ne portaient pas de gants et 34 % n’avaient pas de conteneur à portée de main.

Les patients source étaient infectés par le VIH à 2 %, le VHC à 6 % et par le HVB à 2 %, soit au total près de 10 % des patients source étaient porteurs d’agents viraux potentiellement transmissibles (certains en avaient plusieurs) ! 6 % des agents blessés se sont vus proposer un traitement anti-rétroviral et 54 % l’ont suivi.
Les taux d’AES par agent sont les suivants (par année) : 2 AES pour 100 aides-soignant( e)s, 7 AES pour 100 IDE et 2 % pour 100 médecins. Ces taux variaient selon le type d’établissements et la taille de l’établissement.

En conclusion, les AES restent toujours d’actualité et la prévention basée sur la formation, l’information, l’apprentissage de la gestuelle doit être encore accentuée. La coopération entre les médecins hygiénistes et équipe opérationnelle d’hygiène d’une part, et médecins du travail du travail d’autre part doit se renforcer.