Contaminations soignant-soigné : recommendations pour la prise en charge

A.CARBONNE
C CLIN Paris-nord – PARIS

La prévention de la transmission soignant-soigné des virus VHB, VHC, et VIH repose sur la réduction du risque d’AES percutané. Cette transmission est un événement rare du fait de la faible prévalence de l’infection virale chez les soignants et du faible inoculum généré par un recontact entre le sang du soignant et celui du patient. Elle nécessite en effet un accident percutané chez un soignant porteur chronique du virus avec réplication virale suivi d’un recontact de l’instrument souillé ou de la peau lésée du soignant avec les tissus du patient. Plusieurs cas ont été rapportés dans la littérature, montrant que le mécanisme de la transmission est rarement élucidé.
Néanmoins, les circonstances favorisantes sont décrites lors des procédures de soins à haut risque d’accidents d’exposition au sang. Ainsi, les chirurgiens, les obstétriciens ou les dentistes sont particulièrement exposés. Les mesures de prévention sont particulièrement importantes pour ces professionnels. En dehors du suivi sérologique obligatoire de la vaccination VHB et des sérologies effectuées en cas d’AES déclaré, le dépistage systématique des soignants pour le VIH et le VHC, est actuellement très discuté en France. L’Ordre des médecins s’est prononcé récemment en incitant fortement les médecins exerçant des spécialités à risque «à s’enquérir de leur statut viral» et «à cesser définitivement» tout recours à des méthodes  invasives en cas d’infection par ces virus. Une réflexion sur la prise en charge et l’aménagement de l’avenir professionnel des soignants porteurs chroniques d’un pathogène transmissible par le sang est également en cours par l’Ordre des médecins et la Direction Générale de la Santé. Cette question est particulièrement difficile dans le secteur privé.
 

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