Facteur VIIa recombinant (novoseven) en chirurgie cardio-vasculaire. revue de la littérature, expérience clinique nanceienne et mise en place d'un registre national

J.P. Carteaux - NANCY

L’hémorragie per et post-opératoire en Chirurgie Cardiaque survient dans 5 à 7 % des cas (1). L’hémorragie péri-opératoire induit un risque de polytransfusion, de reprise chirurgicale, elle se traduit par une augmentation très importante de la morbidité (complications septique, respiratoire, rénale, durée de séjour en réanimation) et de la mortalité.
En Chirurgie Cardio-vasculaire depuis 1999 (2), l’eptacog-alpha (rVIIa) a été utilisé avec succès dans de multiples situations où les thérapeutiques conventionnelles étaient restées inefficaces. Dans la plupart des cas rapportés, les patients ne présentaient pas de déficit constitutionnel ou acquis de l’hémostase avant l’intervention. Dans la grande majorité des cas, le rVIIa s’est révèlé très efficace sur le saignement pour des doses totales (injection unique ou répétée) variant de 20 à 180 µg/kg.
Dans notre centre depuis mars 2003, nous avons été aménés à administrer en situation de sauvetage post-CEC le rVIIa chez neuf patients adultes (dissection aortique : 2, endocardite : 2, rupture du coeur : 1, assistance circulatoire : 1, transplantation cardiaque : 1, chirurgie mitrale : 1, anévrysme aortique : 1). Dans six cas, il s’agissait d’une injection post-CEC immédiate après neutralisation de l’héparine par la protamine. Dans trois cas, il s’agissait d’une injection lors de la phase post-opératoire en réanimation. Quatre patients faisaient l’objet d’une chirurgie redux. Deux patients présentaient par ailleurs une thrombopénie induite par l’héparine. Tous les patients ont reçu une injection de 60 µg/kg. Cette dose a été répétée chez deux patients. Le traitement par rVIIa s’est révèlé très efficace sur le saignement péri-opératoire chez 8 des 9 patients.
Cette efficacité a été constatée dans les 30 à 45 minutes qui suivaient l’injection de rVIIa. Nous n’avons pas constaté d’accident thrombotique. Un patient est décédé au décours immédiat de l’intervention par hémorragie non contrôlée (endocardite redux et TIH). Trois patients sont décédés à distance de l’intervention pour pathologie cardiaque grave (endocardite redux, rupture du coeur, dissection aortique) associée à des facteurs de comorbidité multiples (choc cardiogénique pré-opératoire prolongé, insuffisance rénale, diabète, obésité).
A partir des données de la littérature et de notre expérience, le rVIIa apparaît en chirurgie cardiaque comme un traitement très efficace de l’hémorragie péri- pératoire non contrôlable par les moyens conventionnels. Son utilisation reste limitée par l’absence de registre exhaustif, par l’absence d’étude randomisée contrôlée (dose/efficacité/sécurité) et par un coût très élevé.
Notre expérience a fait l’objet d’un examen (auto) critique du groupe de travail sur “anti-thrombotiques, hémostatiques et médicaments dérivés du sang” du  CMDMS, du CHU de Nancy le 19 janvier 2004.Un registre prospectif observationnel local va être ouvert pour un an (inclusion de 10 à 15 patients) par ailleurs nous participons avec l’aide du laboratoire Novo-Nordisk à la mise en place d”un registre national d’utililisation du rVIIa en chirurgie cardio-vasculaire.

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