Information a postériori de patients ayant bénéficié d'une CEC suite à une contamination VHC soignant-soigné : A propos d'une expérience

F.DUMAY
MISP DDASS Calvados Caen

OBJECTIFS PÉDAGOGIQUES
Inciter les professionnels à la plus grande transparence sur le risque de transmission des pathologies virales au sein des maladies nosocomiales. Poser les bases d’une organisation reproductible pour l’information a posteriori sur un risque déterminé, d’un grand nombre de patients.
 

RÉSUMÉ
La Direction Départementale des Affaires Sanitaires et Sociales (DDASS) a été destinataire d’un courrier de doléances d’un patient contaminé par le virus de l’hépatite C après un quadruple pontage coronarien sous CEC. L’enquête ayant associé sous l’égide de la DDASS, le Réseau Régional d’Hygiène, l’Institut de Veille Sanitaire et l‘Institut PASTEUR a conclu que l’hypothèse de la transmission à partir d’un soignant devait être retenue comme la plus probable sur la base de l’analyse phylogénétique des souches virales obtenues chez le patient infecté et le soignant sans que le mode exact de transmission ne soit connu.
Le comité d’experts a souhaité que les autres patients exposés au même risque soient informés.
Le soignant et le patient ont été individuellement informés des résultats de l’enquête et des modalités de la campagne d’information envisagée. L’anonymat du soignant a été respecté. Les patients pour lesquels le soignant avait pu participer à la prise en charge au cours de son exercice professionnel ont été recherchés. En application de l’article L.1111-2 du Code de Santé Publique, ils ont été informés de manière personnalisée et individuelle du risque encouru par un courrier adressé par l’établissement où ils ont été pris en charge. Ainsi 3700 patients ont été contactés et incités à faire un dépistage dans l’objectif de leur prise en charge. Il leur a été proposé de s’adresser à leur médecin traitant, au Centre de Dépistage Anonyme et Gratuit (CDAG) ou dans le laboratoire d’analyses médicales de leur choix.
Dans chaque établissement un numéro vert a été activé pour répondre aux questions que pouvaient se poser ces patients. Une cellule d’accueil a été également mise en place dans chaque structure.
Les présidents des conseils départementaux de l’Ordre des Médecins et le président du conseil régional de l’Ordre des Pharmaciens ont été informés et associés à l’élaboration  du courrier adressé à tous les médecins généralistes, aux médecins cardiologues, aux directeurs des laboratoires d’analyses médicales privés et publics et aux directeurs des CDAG.
Un communiqué de presse commun a été rédigé par les établissements et une conférence de presse s’est tenue en présence du Médecin Inspecteur. Cette expérience montre l’intérêt d’une coordination entre établissements et qu’une communication offensive et préparée évite les mouvements de panique pouvant être déclenchés dans de telles circonstances. La difficulté consiste d’une part à retrouver les patients, notamment sur des périodes longues et d’autre part à ajuster le dispositif de réponse.

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