DÉFAILLANCES D’OXYGÉNATEUR
J.M. CHARRIÈRE(1), A.F. LE GUEN(2)
1 Département d’Anesthésie-Réanimation
2 Service de chirurgie cardio-thoracique
CHU La Milétrie - Poitiers
La défaillance d’un oxygénateur est un événement
grave lorsqu’elle survient pendant la CEC. Elle peut nécessiter un changement
d’oxygénateur en cours d’intervention et entraîner des conséquences dramatiques
pour le patient. Les deux problèmes essentiels qui se posent au perfusionniste
sont :
• savoir reconnaître et diagnostiquer une défaillance d’oxygénateur
• savoir quand changer cet oxygénateur
La question du changement d’oxygénateur étant centrale, nous envisagerons
également les défaillances liées à un défaut d’anticoagulation, bien que ce
thème soit également abordé dans un autre exposé.
QUELLE EST LA FRÉQUENCE DES DÉFAILLANCES D’OXYGÉNATEURS?
La fréquence des défaillances d’oxygénateurs varie énormément selon les
études. Elle peut aller d’une défaillance pour 2 394 CEC [1] à une défaillance
pour 63 CEC [2].
Ces importantes variations sont dues non seulement aux différences de
méthodologie des études, multi ou monocentriques, prospectives ou
rétrospectives, mais également à des critères de définition variable de la
défaillance d’oxygénateur :
• dans la série de Mejak la formation de thrombus ou de fibrine n’est pas
comptabilisée dans les défaillances d’oxygénateur (on passerait alors à une
défaillance pour 1184 CEC) alors qu’elle l’est dans la série Svenmarker
• ces défaillances ne nécessitent un changement de l’oxygénateur que dans 18 %
des cas de la série de Svenmarker alors qu’elles nécessitent ce changement dans
53 % des cas de la série de Mejak, ce qui suggère une définition plus large pour
Svenmarker
• la surveillance des pressions du circuit, systématique pour certaines équipes,
permet le diagnostic de certaines défaillances d’oxygénateur qui passeraient
inaperçues sans ce monitorage.
Si l’on ne prend en compte que les changements d’oxygénateur, les résultats
restent toujours disparates (tableau 1). Il est probable que les études
multicentriques ne tiennent compte que des changements survenus en cours de CEC,
alors que l’étude de Svenmarker prend en compte tous les changements
d’oxygénateurs sans que, ni le moment du changement (pré ou post CEC), ni son
motif ne soient précisés.

La mortalité et la morbidité de cet événement sont
tout aussi difficiles à déterminer.
Jenkins ne signale pas de morbidité associée à une défaillance d’oxygénateur,
alors que Mejak dans sa série ne retrouve que 2 lésions sévères et aucun décès
consécutif aux 273 défaillances d’oxygénateur répertoriées [4] [1]. Ces chiffres
semblent étonnamment bas étant donné la gravité potentielle de cet accident.
Svenmarker signale un décès après formation de thrombus ainsi qu’un accident
ischémique transitoire sur les 112 défaillances d’oxygénateur rencontrées.
QUELLES SONT LES RAISONS DE CES DÉFAILLANCES ?
Deux grandes familles de défaillances peuvent être distinguées, les
défaillances «mécaniques» et les défaillances « biologiques ».
Les défaillances mécaniques :
Elles sont liées à des défauts, des incidents ou des accidents lors de la
fabrication, du transport ou de l’installation de l’oxygénateur. Il s’agit le
plus souvent de fuites par défaut d’étanchéité ou de collage, plus rarement il
s’agit du défaut de fixation ou la rupture d’un élément. Les défauts de
transfert gazeux directement liés à un problème mécanique semblent par contre
exceptionnels (1 cas portant sur un défaut de transfert de gaz sur 14
déclarations de matério-vigilance [6]).
Ces défaillances sont présentes dès l’installation de l’oxygénateur. L’objectif
du perfusionniste doit être de les détecter le plus précocement, afin de changer
l’oxygénateur avant le départ en CEC. Certaines défaillances peuvent cependant
s’avérer délicates à détecter avant la mise en route de la CEC. Par exemple un
défaut d’élimination du CO2 par obstruction distale des fibres ne peut être
détecté préventivement que si l’on vérifie le débit de gaz à la sortie de
l’oxygénateur [7].
Le contrôle de l’oxygénateur avant le départ en CEC doit :
• être réalisé au moyen d’une « check-list »
• cette « check-list « doit être évolutive, afin de s’adapter à l’évolution du
matériel et des connaissances concernant les accidents de CEC. Cette attitude
permet d’éviter au maximum la découverte d’une défaillance mécanique durant la
CEC avec les conséquences parfois dramatiques que cela peut entraîner.
Les défaillances biologiques :
Il s’agit des défaillances d’oxygénateur qui apparaissent pendant la CEC.
Elles sont liées aux réactions biologiques déclenchées par le contact entre le
sang du patient et les surfaces de l’oxygénateur. Elles peuvent être
schématiquement regroupées en trois catégories.
Défaut d’héparinisation
Ces défauts d’anticoagulation aboutissent à la formation de thrombus avec
risque d’embolie et surtout de défaillance complète de l’oxygénateur nécessitant
son changement en urgence. La fréquence de ces accidents semble diminuer (59 %
des changements d’oxygénateur en 1990-92, 19 % des changements en 1994-96) [5].
Cette diminution est due à la disparition des problèmes liés à la surveillance
du TCA en présence d’aprotinine. Un allongement artificiel du TCA apparaît
lorsque la celite est utilisée comme réactif, ce qui a pu entraîner des défauts
d’anticoagulation. L’utilisation de kaolin comme réactif fait disparaître ce
problème [8].
Actuellement, les accidents par d’anticoagulation se produisent le plus souvent
lorsqu’un second départ en CEC est nécessaire. Deux mécanismes sont alors
incriminés :
• la poursuite des aspirations au niveau du réservoir de cardiotomie après
l’administration de protamine, ce qui entraîne la neutralisation de l’héparine
du circuit de CEC
• l’utilisation de doses excessives de protamine, qui reste libre non liée à
l’héparine. Elle peut alors neutraliser l’héparine administrée lors du second
départ en CEC.
A priori, la formation de thrombus au niveau de l’oxygénateur doit s’accompagner
obligatoirement d’une augmentation de ses résistances et donc d’une augmentation
de gradient de pression transoxygénateur.
Haute pression intra-oxygénateur sans défaut d’héparinisation
Les observations d’une élévation des pressions au niveau de l’oxygénateur
sans défaut d’anticoagulation associé sont en augmentation constante depuis leur
description initiale en 1990 par Jansson [9]. En Grande Bretagne, elles ont été
responsables de 33 % des changements d’oxygénateur en 1994-96 alors qu’aucun
changement d’oxygénateur n’a été provoqué par ce phénomène en 1990-92 [5]. Il y
a deux explications possibles à cela :
• l’utilisation plus fréquente des pompes centrifuges (49 % aux USA en 1998
[1]). Ces pompes voient leur débit chuter en cas d’augmentation de pression
d’aval, elles sont donc particulièrement sensibles à une augmentation de
résistances de l’oxygénateur
• le développement parallèle de la surveillance des pressions au niveau du
circuit.
La plupart des ces observations sont reliées à un phénomène de haute pression
transitoire (HPT). Il existe normalement une augmentation modérée des pressions
débutant quelques minutes après le début de la CEC pour régresser
progressivement. Chez certains patients, cette élévation de pression peut
devenir excessive, pouvant atteindre jusqu’à 900 mm Hg [10]. La cause initiale
de ce phénomène semble être une adhésion plaquettaire au niveau de l’échangeur
thermique et des fibres de l’oxygénateur. Cette adhésion s’accompagne d’une
chute importante des plaquettes au niveau de la circulation générale [11]. Cette
adhésion plaquettaire, en diminuant la surface de passage du sang au niveau du
bloc oxygénateur-échangeur thermique, entraîne une augmentation des résistances
de l’oxygénateur et une augmentation du gradient de pression trans-oxygénateur.
Un élément important est le caractère transitoire de ce phénomène, il apparaît
dans les premières minutes de la CEC pour régresser progressivement en 30 à 120
minutes avec une remontée parallèle des plaquettes dans la circulation
périphérique.
Certains points semblent actuellement acquis :
• Il s’agit d’un phénomène fréquent puisqu’une augmentation de pression
supérieure à deux fois la pression de référence de début de CEC est retrouvée
sur 4,3 % des oxygénateurs, cette augmentation de pression ayant nécessité un
changement d’oxygénateur dans 13 % des cas [12]. Cette augmentation anormale des
pressions vient en tête des problèmes d’oxygénateurs rencontrés par l’équipe de
Svenmarker [13].
• Ce phénomène existe avec tous les modèles d’oxygénateur, mais il apparaît plus
fréquemment avec les oxygénateurs ayant un faible volume de priming. La
diminution du volume de priming entraîne une diminution de la surface de passage
du sang. Ces oxygénateurs sont donc plus sensible à la diminution supplémentaire
de surface provoquée par l’adhésion plaquettaire et développent plus facilement
une HPT [11] [10].
• Les traitements de surface des oxygénateurs diminuent considérablement la
fréquence des HPT (3,7 % vs 0,4 % pour Wahba [14], 4,3 % vs 0,3 % pour Wendel
[12]).
• L’addition d’albumine (0,0375 g/100 ml) au « priming » de la CEC évite
l’adhésion plaquettaire sur les parois de l’oxygénateur et pourrait donc
prévenir la survenue d’une HPT [15] [16].
• Le NO délivré sous forme gazeuse ou par l’intermédiaire de donneurs de NO (Nitroprussiate
de Sodium) entraîne une régression de la HPT [17]
Certaines questions continuent cependant à se poser :
• Quel est le rôle de l’hypothermie ? Les HPT surviennent lors des CEC en
hypothermie modérée ou profonde et semblent régresser lors du réchauffement
[18]. Bien que la survenue d’une HPT lors de CEC en normothermie ait pu être
mentionnée [11], ce phénomène semble exceptionnel. Deux mécanismes pouvant
expliquer la survenue des HPT lors des CEC en hypothermie sont possibles :
- une augmentation de l’aggrégabilité des plaquettes en hypothermie comme cela a
été démontré in vitro [19]
- l’association à une cryofibrinogènémie acquise qui serait responsable d’une
exacerbation du phénomène [10] avec la possibilité d’un rôle adjuvant de
l’héparine [18].
• Quelle est la morbidité réelle de ce phénomène ? Aucun décès n’a été rapporté
directement à une HPT, mais il existe un risque au moins théorique de migration
embolique. Svenmarker signale un cas d’hémiplégie transitoire dans les suites
d’une HPT [2] et il est possible que les patients présentant une HPT soient
susceptibles de faire plus de complications neurologiques que les autres
patients. Une augmentation du risque hémorragique post opératoire est également
possible, Luckraz et al. retrouvent un saignement anormal chez 3 patients d’une
série de 4 ayant présenté une HPT sans changement d’oxygénateur [20])
• Quel
niveau de pression peut-on tolérer en CEC sans changer l’oxygénateur ? Lors de
l’utilisation d’une pompe centrifuge, c’est la limitation du débit de pompe et
du
transport d’oxygène qui vont décider du changement de l’oxygénateur. Lors d’un
CEC
avec une pompe occlusive, des pressions élevées peuvent théoriquement être
atteintes.
On constate une hémolyse traumatique des hématies au-delà de 1500 mm Hg, un
risque de rupture des connections avec collier au-delà de 1500 mm Hg, un risque
de
rupture des membranes au-delà de 7800 mm Hg (chiffres communiqués par S. Daniel,
lab. Cobe). Le problème essentiel semble être la poursuite des échanges gazeux à
de
telles pressions. La plupart des changements d’oxygénateurs consécutifs à une
HPT
ont été motivés par une dégradation de ces échanges.
• Existe-t-il des facteurs prédictifs liés au patient de survenue d’une HPT ?
Les patients
ayant présenté une HPT semblent avoir un fibrinogène légèrement plus élevé ainsi
qu’un déficit modéré en antithrombine III [10]. Des niveaux élevés de facteur
VIII ou
de facteurs Von Willebrand, le groupe O, l’arrêt des antiagrégants
plaquettaires, la
présence d’un anticoagulant circulant pourraient également être des facteurs
favorisants.
• Enfin quelle est la fréquence et la gravité des autres mécanismes pouvant
entraîner une
augmentation des pressions de l’oxygénateur sans défaut d’héparinisation
(agglutinines froides, embols graisseux, thrombopénie à l’héparine...) ? Ces
élévations
ne sont théoriquement pas transitoires et donc potentiellement plus graves. Il
faut
également remarquer que les HPT ayant nécessité un changement d’oxygénateur ne
peuvent être formellement affirmées puisque l’élément essentiel du diagnostic
est le
caractère transitoire de l’augmentation de pression. Il est possible que
certaines HPT
ayant nécessité un changement d’oxygénateur aient été provoquées en réalité par
un
autre mécanisme.
Les défauts de transferts gazeux
Les cas signalés comme « défaut de transfert gazeux » sans autres précisions
sont délicats
à interpréter. Il peut s’agir d’un exceptionnel défaut d’origine purement
mécanique ou
d’une défaillance d’origine biologique. Dans ce cas, ces défauts de transfert
gazeux
rentrent probablement dans l’une des deux catégories précédentes en l’absence de
surveillance des pressions.
COMMENT FAIRE LE DIAGNOSTIC ET QUAND FAUT-IL CHANGER
UN OXYGÉNATEUR ?
Les défaillances d’origine mécanique doivent autant que possible être
diagnostiquées
avant le début de la CEC, c’est nous l’avons signalé le rôle de la check-list.
Son but est
de dépister toutes les défaillances « mécaniques» envisageables. La check-list
s’appuie
sur plusieurs tests de contrôle :
• Test visuel. Ce test permet d’une part le contrôle de l’état stérile par
vérification de
l’intégrité de l’emballage et la vérification de la date de stérilisation.
D’autre part, il
permet la détection des fêlures ou dégâts au niveau des connecteurs, des
robinets
multivoies, de la coque de l’oxygénateur, etc.
• Test en eau. Il permet le diagnostic des fuites (défaut de collage, de
fixation des
éléments internes). Ce test doit être réalisé oxygénateur vide. Il permet
également de
vérifier le bon fonctionnement du groupe thermique.
• Test de bullage. Son but
est de détecter une fuite éventuelle au niveau de la partie
oxygénation (passage du priming dans le circuit gaz). Il permet également de
détecter
un défaut au niveau des connecteurs passé inaperçu lors du test visuel (fuite,
prise
d’air).
• Test gaz. Il vérifie les connections du circuit gaz et permet de détecter un
défaut de
passage des gaz par mesure du débit à l’entrée et à la sortie de l’oxygénateur.
• Mesure des pressions du circuit. Il permet de détecter ou de confirmer une
anomalie
interne au niveau de l’échangeur thermique ou de l’échangeur gazeux.
La démarche diagnostique d’une défaillance d’oxygénateur lorsque la CEC est
débutée
varie en fonction du type de monitorage utilisé. Si la surveillance des
pressions du circuit
est disponible, l’algorithme suivant peut être proposé :

En l’absence de surveillance de la pression du circuit, si l’on utilise une pompe centrifuge l’alerte sera donnée par la baisse du débit de pompe. Le problème diagnostique essentiel sera de distinguer une diminution de débit par baisse du retour veineux d’une diminution par augmentation des pressions d’aval :

Si l’on utilise une pompe à galet en l’absence de surveillance des pressions, les premiers signes d’alertes objectifs sont la dégradation des échanges gazeux. Ces signes risquent d’être retardés en l’absence d’une surveillance en continu des gaz du sang. Il devient alors impossible de distinguer une défaillance «mécanique» présente dès le début de la CEC d’une défaillance « biologique » qui s’accompagne d’une montée progressive des pressions. De plus devant une altération modérée de ces échanges, le choix entre une attitude « conservatrice » en escomptant sur une amélioration avec un réchauffement et une attitude « agressive » avec changement d’oxygénateur devient difficile :

En conclusion, trois points sont à souligner :
• Les défaillances d’oxygénateurs sont une entité hétérogène dont l’analyse de
la
fréquence et de la gravité est délicate faute d’une classification adaptée.
• La fréquence et les conséquences de ces défaillances diffèrent selon que l’on
réalise des
CEC en normo ou en hypothermie, que l’on utilise des pompes centrifuges ou des
pompes à galet.
• Ces défaillances sont le plus fréquemment liées à des problèmes d’augmentation
de
résistance, ce qui incite à surveiller les pressions du circuit lors de la CEC.
RÉFÉRENCES
1. Mejak BL SA, Rauch E, Vang S, Viessman T. A retrospective study on perfusion
incidents and safety
devices. Perfusion 2000;15(1):51-61.
2. Svenmarker S HS, Jansson E, Lindholm R, Appelblad M, Aberg T. Quality
assurance in clinical
perfusion. Eur J Cardiothorac Surg 1998;14(4):409-14.
3. Kurusz M CV, Arens JF. Perfusion accident survey. Proc Am Acad Cardiovasc
Perf 1986;7:57-65.
4. Jenkins OF MR, Simpson JM. Australasian perfusion incident survey. Perfusion
1997;12(5):279-88.
5. Fisher AR. The incidence and cause of emergency oxygenator changeovers.
Perfusion 1999;14(3):207-
212.
6. Touchot B DBG, Baudry N, Darsaut F, Laborde F, Baudet E, Duveau D.
Matériovigilance et circulation
extracorporelle. In: 6émes Journées du Collège Français de Perfusion; 2001;
Strasbourg; 2001. p. 85-90.
7. Zombolas TL FD, De Benedetto BN, Mattiono B, Mohamed H, Leo JJ. Severe gas
pathway obstuction
of a hollow-fibre membrane oxygenator. Perfusion 1996;11:467-470.
8. Feindt P SU, Volkmer I, Straub U, Gams E. Celite and kaolin produce differing
activated clotting times
during cardiopulmonary bypass under aprotinin therapy. Thorac Cardiovasc Surg
1994;42(4):218-221.
9. Jansson E. Casualty due to fibrin discharge in oxygenators. Scanmag
1990;3:13-14.
10. Blomback M KP, Aberg B, Fatah K, Hansson LO, Egberg N, Moor E, Carlsson K.
Pathologic fibrin
formation and cold-induced clotting of membrane oxygenators during
cardiopulmonary bypass. J Cardiothorac
Vasc Anesth 1995;9(1):34-43.
11. Palanzo DA MN, Montesano RM, Quinn M, Elmore BA, Gustafson PA, Zarro DL,
Meloy PC.
Potential problem when using the new lower-prime hollow-fibre membrane
oxygenators with uncoated
stainless steel heat exchangers. Perfusion 1996;11:481-485.
12. Wendel HP PA, Weber N, Birnbaum DE, Ziemer G. Oxygenator thrombosis: worst
case after
development of an abnormal pressure gradient-incidence and pathway. Perfusion
2001;16(4):271-278.
13. Svenmarker S HS, Jansson E, Lindholm R, Appelblad M, Aberg T. The relative
safety of an
oxygenator. Perfusion 1997;12:289-292.
14. Wahba A PA, Behr R, Birnbaum DE. Heparin-coated equipment reduces the risk
of
oxygenator failure. Ann Thorac Surg 1998.
15. Palanzo DA ZD, Manley NJ, Montesano RM, Quinn M, Gustafson PA. Effect of
surface coating on
platelet count drop during cardiopulmonary bypass. Perfusion 1999;14:195-200.
16. Palanzo DA ZD, Montesano RM, Manley NJ. Albumin in the cardiopulmonary
bypass prime: how
little is enough? Perfusion 1999;14:167-172.
17. De Somer F FL, Schacht E, Van Nooten G. Nitric oxyde donors attenuate
increase in pressure drop
across membrane oxygenators. Perfusion 1999;4:331-336.
18. Schaadt J. Oxygeneator thrombosis: an international phenomenon. Perfusion
1999;14:425-435.
19. Faraday N RB, Herfeld BM. Hypothermia increases intrinsic platelets
reactivity in vitro. Anesth
Analg 1995;80:SCA14.
20. Luckraz H BD, Mohangee A. Cryofibrination: did it really happen? Perfusion
2001;16(1):83-6.