EMBOLIE GAZEUSE GRAVE EN CEC

J.P. DEPOIX, C. BEROETTA, N.Q. KINH*, S. PAQUIN, M. KEITA
Service d’anesthésie - réanimation - Hôpital Bichat Claude Bernard - Paris
*Service d’anesthésie- réanimation hôpital Viet Duc- Hanoï

En dépit des améliorations du matériel de CEC, l’embolie gazeuse grave reste un risque en chirurgie cardiaque. C’est l’accident le plus fréquent associé avec les séquelles neurologiques définitives ou le décès. Bien entendu ce risque est plus important lorsqu’il y a ouverture des cavités cardiaques. L’incidence rapportée est de 0.5 à 2 pour mille selon les études [1-5]. Mais il est clair que la plupart des embolies gazeuses graves ne sont pas rapportées [1]. L’embolie gazeuse est largement sous diagnostiquée, sous traitée, et non rapportée [6]. Deux types d’embolie gazeuse sont le plus souvent distinguées, veineuse ou artérielle. On distingue également les embolies gazeuses issues des cavités cardiaques (air chirurgical de PEARSON [7]), de celles provenant de la circulation extracorporelle(CEC). Nous nous intéresserons uniquement à l’embolie gazeuse artérielle grave imputable à la CEC.

CONSÉQUENCES DE L’EMBOLIE GAZEUSE GRAVE
Lorsque l’air ou le gaz sont entré dans le système artériel, il progresse jusqu’au blocage dans les vaisseaux de petit calibre. L’entrée d’air dans l’aorte entraîne des emboles dans tout le système artériel. Ils sont le plus souvent bien tolérés dans les muscles et les viscères ; il n’en est pas de même dans la circulation coronaire et cérébrale[8]. L’embolie gazeuse provenant de la CEC est le plus souvent de gros volume, en général 500 à 1000 ml sont injectés [9]. De faibles volumes d’air injecté dans le système artériel ont des répercussions importantes. 0.02 ml/kg injecté dans la coronaire gauche du chien entraîne ischémie myocardique, akinésie antérieure, infarctus du myocarde, augmentation des CPK(x800) [10]. Chez l’homme 2 ml d’air introduit accidentellement lors de la purge d’un cathéter radial est à l’origine de signes neurologiques (baisse du niveau de conscience) [11]. L’air introduit dans le système artériel peut persister plus de 40 heures dans la circulation cérébrale [8]. Dans le cerveau la migration des bulles dans les artères de petit calibre(30-60 µ) entraîne une réduction de la perfusion distale et une réponse inflammatoire à la présence des bulles. Il faut également savoir que de l’air administré de façon continue (10 ml/min) ou sous forme de bolus (> 60 ml) dans le système veineux peut générer une embolie gazeuse artérielle [12].

QUELLES SONT LES CIRCONSTANCES DE SURVENUE D’UNE EMBOLIE GAZEUSE GRAVE EN CEC ?
Le désamorçage de l’oxygénateur est la cause la plus fréquente d’embolie gazeuse grave en CEC. Plusieurs mécanismes peuvent en être la cause : coudure de la ligne veineuse sur le champ opératoire, déplacement de canule ou déconnection de ligne veineuse [13,9].
L’habitude actuelle de pratiquer la CEC avec de faibles volumes dans l’oxygénateur concours également à augmenter ce risque. Les faibles volumes diminuent le temps de réaction pour le perfusionniste, un volume inférieur à 500 ml dans l’oxygénateur ne laisse que moins de 10 secondes pour réagir. Les autres causes les plus souvent citées sont les inversions de circuit dans le stator de la pompe, l’inversion de sens de rotation d’une pompe artérielle ou de décharge gauche. Le changement d’utilisation d’une pompe encours de CEC est une pratique dangereuse, source d’embolie gazeuse. L’utilisation de la pompe de cardioplégie pour aspirer sur une canule aortique afin de parfaire les purges des cavités gauches est une conduite à très haut risque, le fait d’oublier de modifier le sens de rotation de la pompe a été rapporté comme source d’embolie gazeuse [9]. Une aspiration exagérée sur une canule de décharge gauche peut permettre l’entrée d’air dans les cavités cardiaques y compris lors d’une chirurgie de pontage aorto-coronarien, c’est pour cela qu’il a été proposé une canulation de l’artère pulmonaire pour effectuer le drainage des cavités gauches [10]. Plus anecdotiques sont l’accélération brutale et spontanée de la pompe artérielle, l’hyper pression du réservoir de cardiotomie entraînant  une gène au retour veineux et un risque d’entrée massive d’air dans les cavités droites ou dans la ligne de décharge gauche si l’occlusivité de la pompe n’est pas correcte, la chute d’un oxygénateur mal fixé [11,3]. Des embolies gazeuses sont rapportées lors de mise en place de la canulation aortique, elles ne sont jamais massives. La mise en place d’une canule non purgée entraîne 0.0435 ml d’air, purgée au sérum physiologique elle entraîne 0.0142 ml et seulement 0.0045 ml si elle est reliée à une aspiration [14]. Les défaillances de CEC, source d’embolie gazeuse sont toujours associées à une erreur humaine, malgré tous les moyens sécuritaires le perfusionniste est le dernier rempart à la survenue de l’embolie gazeuse [9,5].

COMMENT GÉRER UNE EMBOLIE GAZEUSE GRAVE EN SALLE D’OPÉRATION ?
Dès que le diagnostic d’embolie gazeuse grave est porté en salle d’opération, tout doit être mis en œuvre pour purger rapidement les lignes de CEC et le système artériel du patient. La procédure la plus souvent proposée est la suivante [15] : arrêt immédiat de la CEC, mise du patient en Trendelenburg, ouverture large de l’aorte pour évacuer l’air, purge des lignes de CEC, mise en route de la retroperfusion et reprise rapide de la CEC en hypothermie.
La perfusion rétrograde de la veine cave supérieure ou retroperfusion doit être parfaitement connue par toute l’équipe : chirurgien, perfusionniste et anesthésiste. Elle est réalisée en connectant la ligne artérielle purgée sur la canule veine cave supérieure. Le débit assuré est de 1.5 à 2 l/min pendant environ 5 minutes ou jusqu’à la disparition d’issue d’air de l’aortotomie. La pression ne doit pas excéder 40 mmHg sur la ligne de rétroperfusion. La température de l’injectat doit être inférieure à 30° [9]. Il a également été proposé de récupérer l’air en inversant le sens de rotation de la pompe artérielle dès la survenue de l’accident [16], ceci ne dispense pas de la retroperfusion. La pratique d’une aortotomie peut être remplacée par la déconnection de la ligne artérielle. Au cours de ces manœuvres, une compression des carotides doit être pratiquée, pour certains, elle doit être intermittente et effectuée pendant toute la durée de la rétroperfusion de la veine cave supérieure. Il faut savoir qu’une rétroperfusion bien conduite ne permet d’éliminer que 50% de l’air injecté, c’est pourquoi l’oxygénothérapie hyperbare (OHB) doit être un complément de traitement.
La position Trendelenburg est sujette à discussion. Elle permet aux bulles restantes dans le système artériel de ne pas gagner le cerveau, mais ne le prévient pas complètement [17]. Par rapport au décubitus dorsal, le Trendelenburg ne diminue pas la migration des micros bulle vers le cerveau et peut aggraver l’œdème cérébral [12,18]. C’est pourquoi certains préconisent le maintien en décubitus dorsal. Il est même recommandé, pour le post-opératoire, de mettre le patient en position 1/2 assise, tête en position neutre pour éviter les distensions jugulaires, ceci contribuant à faciliter le retour veineux cérébral. La reprise de la CEC, une fois les purges effectuées, doit se faire en hypothermie.
L’hypothermie augmente la solubilité des gaz, diminue la taille des bulles et de plus réduit la consommation d’oxygène des tissus. La température de perfusion proposée est variable, au moins 27-28°, parfois hypothermie profonde à 18°. Une légère hypothermie peut être maintenue en post-opératoire (35-36°) par refroidissement externe ou surtout, en évitant un réchauffement actif. La ventilation de l’oxygénateur doit se faire en oxygène pur. Une conduite de la CEC en alpha stat est préférable à ce stade, cela permet de diminuer la charge de micro bulle dans les tissus perfusés.
Le type de débit de CEC n’a pas une importance capitale, bien que le débit pulsé diminue les résistances périphériques et semble augmenter la perfusion cérébrale d’environ 20 %. La pression de perfusion de CEC doit être élevée. Des pressions à 100-110 mmHg ont montré une meilleure efficacité après embole gazeux IVA chez l’animal que des pressions voisines de 70 mmHg. On peut hypothéquer qu’il en est de même au niveau de la circulation cérébrale. Elles peuvent être obtenues par administration de vasoconstricteurs. A la reprise de la CEC, il a été proposé d’éviter les anesthésiques halogénés qui diminueraient la capacité du poumon à épurer les emboles [12]. A l’inverse, des travaux montrent que l’Isoflurane a un effet protecteur chez les sujets ayant eu une embolie cérébrale [7]. Il est donc difficile de conclure sur l’intérêt ou non de ce type d’agent anesthésique après embolie gazeuse grave.
Lorsque l’embolie gazeuse coronaire est majeure, il peut être utile de pratiquer une cardioplégie rétrograde pour aider à la purge du réseau coronaire. Chez l’animal, celle ci est plus efficace que la cardioplégie antérograde. (90 % de récupération de la fonction ventriculaire avec cardioplégie rétrograde contre 68 % avec cardioplégie antérograde et 39 % si aucune reperfusion coronaire n’est effectuée [19]).

QUELS AUTRES TRAITEMENTS ASSOCIER ?
L’oxygénothérapie hyperbare : bien qu’il n’y ait pas d’essais randomisés, contrôlés chez l’homme, l’oxygénothérapie hyperbare (OHB) doit être appliquée à chaque fois qu’une embolie gazeuse est suspectée. Elle doit être débutée dès la stabilisation hémodynamique de l’opéré. Une étude rétrospective de 1964 montre une baisse de la mortalité de 96 % à 33 % par l’utilisation de l’OHB. En 1988, une autre étude rapportait une mortalité de 8 % chez les patients ayant eu une OHB dans leur prise en charge [8]. Le caisson hyperbare hospitalier permet le monitorage, la poursuite des traitements, les perfusions et la ventilation assistée. L’OHB a pour effet une diminution de la taille des bulles, une augmentation de l’oxygène dissous, le transport de l’oxygène est amélioré. Un effet anti œdémateux induit par la vasoconstriction est également observé [16]. En tout état de cause, il ne faut pas attendre l’apparition de signes neurologiques pour débuter le traitement par OHB. L’OHB pratiquée le plus souvent en oxygène pur à des pressions de 2.5-2.8 ATA [17] permet d’obtenir des pO2 de 2000 mmHg [12]. Des protocoles utilisant des mélanges O2/nitrogène à des pressions de 6 ATA ont été proposés, ils ne semblent pas influer l’évolution [17]. La durée des séances est variable selon les équipes, de 60 minutes à 5 heures. Des séances multiples sont parfois nécessaires si les signes neurologiques persistent. La mise en œuvre du traitement par OHB doit être faite si possible dans les 6 heures, les résultats sont meilleurs lorsque que l’OHB est appliquée précocement [18]. Néanmoins, des traitements tardifs, plusieurs heures ou plusieurs jours après l’embolie gazeuse ont donné des résultats spectaculaires [17,19]. L’OHB ne peut être un traitement isolé, ce n’est pas le traitement de première ligne, mais il fait partie intégrante d’un ensemble de mesures.
L’héparine a montré un effet protecteur cérébral lors d’embolie gazeuse chez l’animal. Son action est une inhibition sélective de la thrombine, une inhibition de l’adhésion leucocytaire, un blocage du facteur tissulaire [20]. Elle peut donc diminuer les séquelles
neurologiques mais la plupart des équipes ne recommande pas de poursuivre le traitement en post opératoire en raison du risque d’hémorragie cérébrale.
Les barbituriques (thiopental) sont recommandés dès la survenue de l’embolie gazeuse en salle d’opération. Ils ont l’avantage de prévenir les convulsions post-opératoires. Ces convulsions sont souvent difficiles à traiter nécessitant de fortes posologies de barbituriques [3]. Les corticoïdes restent controversés, car le bénéfice de leur utilisation n’est pas prouvé.
La ligroïne a pu être proposée à 1.5 mg/kg dans le but de diminuer la pression intracrânienne.
Enfin, dans la période post-opératoire, la ventilation assistée sera normocapnique ou légèrement hypocauste. Un contrôle strict de la glycémie sera réalisé pour éviter l’extension des dégâts dans les zones ischémiques. Il faut également éviter l’hyponatrémie. Un traitement par inhibiteurs calciques est parfois discuté.

A QUI LES APPLIQUER ? Y A T IL DES SIGNES CLINIQUES ÉVOCATEURS ?
Lorsque que l’embolie gazeuse est avérée, il n’y a pas de discussion, toutes les mesures thérapeutiques doivent être mises en œuvre. Par contre il est parfois difficile de décider lorsque l’embolie gazeuse n’est pas aussi catastrophique que le désamorçage d’un oxygénateur. Ce n’est parfois qu’en post-opératoire que des signes cliniques inhabituels orienteront vers l’embolie gazeuse. Il peut s’agir d’un retard de réveil, de troubles de conscience, coma, convulsions, hémiparésie, asymétrie pupillaires, troubles centraux, défaillance circulatoire. Il faut toujours craindre une dégradation secondaire de l’état neurologique observé au réveil. Le diagnostic peut être difficile par rapport à l’action résiduelle des anesthésiques ou des curares. Ce diagnostic difficile explique le retard de traitement de certains patients.

QUELS EXAMENS PERTINENTS SONT À PRATIQUER ?
Il n’y a pas d’examens complémentaires qui permettent un diagnostic de certitude ou une aide à la prise en charge de l’embolie gazeuse grave en CEC. Le scanner initial retrouve rarement des signes ischémiques ou hémorragiques [18]. Il ne détecte d’ailleurs que des bulles de diamètre supérieur à 1.3 mm à condition que les coupes soient effectuées tous les centimètres. La résonance magnétique peut mettre en évidence des zones non perfusées [8]. La présence de bulles peut être identifiée dans les vaisseaux rétiniens, mais leur absence ne signifie pas qu’il n’y a pas eu embolie gazeuse [12]. Le dosage de lactates dans le liquide céphalo-rachidien a été proposé [21] ; 3.5 mmol/l signifierait une souffrance cérébrale importante, 4.5-5 mmol/l témoignerait d’une réanimation insuffisante ou inefficace. Néanmoins il semble difficile de conseiller la pratique de la ponction lombaire au décours d’une CEC alors que l’hémostase n’est le plus souvent pas normalisée.

PEUT-ON PRÉVENIR L’EMBOLIE GAZEUSE GRAVE EN CEC ?
En France, il existe un vide corporatif et juridique absolu concernant les mesures sécuritaires qui devraient permettre de minimiser la fréquence des embolies gazeuses graves en CEC. De nombreux moyens faciles à utiliser, peu onéreux sont disponibles depuis plus de 10 ans, mais quelques équipes préfèrent s’en affranchir et faire confiance  uniquement à l’homme. C’est une erreur. L’utilisation de systèmes de protection de l’embolie gazeuse, alarme de bas niveau, alarme d’air dans la ligne artérielle, devraient être systématiques. Ces systèmes permettent un arrêt automatique de la pompe. Actuellement, ils sont fiables. Leur utilisation ne doit pas faire oublier des procédures importantes et irremplaçables à effectuer par le perfusionniste avant la mise en route d’une CEC. Il faut vérifier les circuits et le sens de rotation des pompes en testant les pompes de récupération et de décharge gauche. Les alarmes de bas niveau et d’arrêt automatique des pompes équipant les consoles doivent être activées, surtout en urgence, c’est là que surviennent les accidents. Il faut s’assurer que la fixation de l’oxygénateur soit correcte et écarter les intrus autour de la console de CEC. Vérifier que le réservoir de cardiotomie est ouvert à la pression ambiante est aussi capital.
Les filtres artériels très en aval sur le circuit ne peuvent qu’essayer de faire face à l’embolie gazeuse, ce ne sont pas des moyens de prévention. Il est néanmoins prudent d’en équiper la ligne artérielle. Ils ne sont d’ailleurs efficaces que reliés à une ligne de purge de l’air vers le réservoir de cardiotomie.
L’utilisation de circuit fermé en CEC présente un avantage réel et a la réputation sécuritaire de «non risque» dans la survenue de l’embolie gazeuse, mais ce ne sont pas les circuits les plus employés actuellement [22].
Ces manœuvres essentielles ne doivent pas être oubliées devant d’autres qui, même si elles sont intéressantes ne peuvent les remplacer. En effet l’utilisation de valve régulatrice de dépression sur la ligne de décharge gauche peut être une sécurité relative car elle régule la dépression et protége contre l’inversion de la pompe de décharge gauche [23].
Il faut savoir que cette fonction a des limites. Au-delà de 450 ml/min, ces valves ne remplissent plus leur fonction anti-retour. D’autres pratiques moins répandues sont décrites : priming au perfluorocarbone (5ml/kg) qui diminuerait incidence et gravité des embolies gazeuses massives, remplissage et «rinçage» des cavités gauches au CO2 en particulier dans la chirurgie rédux où la dissection du massif ventriculaire a été incomplète [24,25].
Au total, le respect mutuel entre les membres de l’équipe est primordial. Une communication permanente entre le chirurgien, le perfusionniste et l’anesthésiste est capitale. Le calme doit régner en salle d’opération. Moniteurs, protocoles et appareils de sécurité ne peuvent remplacer complètement la vigilance du perfusionniste [26]. Il faut garder à l’esprit que le perfusionniste a toujours une responsabilité lors de la survenue d’une embolie gazeuse grave en CEC et que cette responsabilité est commune à l’anesthésiste et au chirurgien qui néanmoins, pendant la CEC est concentré sur le geste opératoire. L’utilisation de protocoles de vérification avant la mise en route de la CEC n’est plus à démontrer. Il est également essentiel que les procédures de prise en charge de l’embolie gazeuse grave en CEC soient connues par l’ensemble de l’équipe de chirurgie cardiaque. L’idéal serait que ces procédures soient revues tous les 6 mois par l’ensemble de l’équipe.En pratique
• Vérifier la fixation de l’oxygénateur, le bon positionnement des circuits dans les pompes
• Utiliser chaque pompe pour un seul usage : injection ou aspiration
• Installer et activer les alarmes (niveau bas, air)
• Tester chaque pompe dans sa fonction (aspiration ou injection) avant le raccordement au patient
• Rester vigilant pendant toute la durée de la CEC, écarter les personnes inutiles
• Connaître les procédures à appliquer en cas d’embolie gazeuse.

RÉFÉRENCES
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