RETOUR VEINEUX NON ASSISTÉ ET PROBLÈMES MÉCANIQUES CHEZ L’ADULTE. LE POINT DE VUE DE L’ANESTHÉSISTE RÉANIMATEUR
C. GIRARD, S. BENKHADRA, J.C. MARTY
Département d’Anesthésie-Réanimation - CHU Le Bocage - Dijon
Lors de la conduite d’une circulation extracorporelle (CEC), la qualité de la canulation et du retour veineux conditionne la possibilité d’assurer un débit suffisant pour les différents organes. La perfusion splanchnique est au centre de ces préoccupations et sa diminution est en relation directe avec une libération d’endotoxines et de bactéries par translocation bactérienne et par voie de conséquence exacerbation des phénomènes inflammatoires liés à la CEC.
L’ensemble des équipes se préoccupe donc d’assurer
un débit de perfusion suffisant, reflété par le maintien d’une SvO2 normale. Or,
la pression efficace de perfusion d’un organe n’est pas seulement dépendante de
la pression d’entrée (pression artérielle), mais aussi de la pression de sortie
(pression veineuse).
Il a déjà été montré chez l’animal l’influence délétère de la gène au retour
veineux (GRV) sur la circulation cérébrale et hépatique. L’analyse chez l’homme
de l’influence de la GRV sur l’évolution postopératoire des patients montre que,
même à débit et à SvO2 conservés, la GRV sous la forme d’une observation d’une
baisse brutale du niveau sanguin dans le réservoir de cardiotomie pendant plus
de dix minutes se traduit par des signes d’hypoperfusion splanchnique, des
besoins en remplissage postopératoire supérieurs et des signes de bactériémie
(température centrale, leucocytose, nombre d’infections) plus importants que
dans le groupe de patients sans GRV.
La GRV doit donc être un souci de tous les instants, même pour des patients chez
lesquels les conditions de débit de CEC semblent correctes.